Spiritualité

Mercredi 4 mars 2009


Quel est mon regard sur l'autre ?


Il y a celui que je trouve bizarre car il pense différemment de moi, celle que je trouve négligée, celui qui boit trop, celui qui fait trop de bruit, ou celui qui ne parle jamais…

Quel est mon regard d'amour sur lui, elle ? Jésus nous le dit : chaque fois que vous portez un regard d'amour sur celui que vous croisez dans la rue, au travail, dans votre milieu associatif, à chaque fois : " c'est à moi que vous l'avez fait" (Mt 25, 31-46).

 

Au delà de ce que nous entendons répéter année après année sur le jeûne, le partage et la prière, ou en approfondissement de cela, n'est-ce pas cet évangile qui est le levain qui transformera notre carême ?

 

Malgré la crise économique, malgré les difficultés d'une vie trépidante, malgré nos occupations, nos enfants, notre travail, sachons prendre le temps d'aller, en vérité, en profondeur, à la rencontre de nos frères.

 

Prendre le temps… Faire jeûne d'autres occupations pour donner un peu de temps à mon frère.

Prendre le temps… Prier pour nos frères en difficulté, les confier à notre Père, partager leurs difficultés dans la prière, être en communion avec eux.

Prendre le temps… Partager un moment, du temps, de l'amour, un sourire.

 

Alors, dès maintenant, nous entendons le Christ nous dire "venez les bénis de mon Père, car ce que vous avez fait à ces petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait"…

Par Fraternité Saint Vincent de Paul de Colombes
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Dimanche 25 janvier 2009

"C'est dans les villes les plus peuplées que l'on peut trouver la plus grande solitude…"

 

Déjà, au 17ème siècle, Jean Racine exprimait une vérité que nous croyons découvrir aujourd'hui…

 

Qui, s'il ne la vit pas, peut évoquer avec justesse la solitude d'Alain, 35 ans, ou celle de Claude, 42 ans ?

Qui, puisqu'il ne la partage pas peut comprendre la solitude d'Hélène, 87 ans, ou celle de Thérèse, 78 ans ?...

Ou encore celle de Jean à l'hôpital ?...

Père, donne-moi de ne pas croire que je sais ce qu'ils vivent…

Même lorsque je souffre moi-même de solitude, ma solitude n'est pas celle de l'autre…

 

Sachons être humblement à l'écoute, attentifs à la manière dont nous pourrions être inventifs pour briser les solitudes autour de nous.

 

Car il s'agit bien de solitudes plurielles. Thérèse qui a toujours vécu seule, qui n'a jamais eu ni compagnon ni enfants ne se sent pas seule de la même manière qu' Hélène qui a enfants et petits-enfants… mais qui est tout de même si terriblement seule depuis la mort de son mari.

Et que dire de celle de Claude, 42 ans, qui ne trouve pas de travail, qui est brouillé depuis 20 ans avec sa famille, et qui ne fait confiance à personne. Et Freddy, seul parce que sa famille est en Angola, et qu'ici, il n' a pas d'amis mais que des compagnons d'infortune, de rencontre ?... Et Hélène, enfermée dans la maladie, coupée de tous qu'elle a elle-même maladroitement rejetés…

Oui, solitudes multiples…

Père, donne-moi de ne pas juger, donne-moi de Te découvrir dans tous ces visages si différents.

Donne-moi de savoir faire jaillir en eux les merveilles que Tu y as mises. Donne-leur de se révéler et de découvrir leurs propres richesses.

Donne-moi d'accepter de recevoir. Parfois j'arrive avec mon dynamisme, ma vitalité, indisponible à tout ce que ces personnes seule pourraient me donner. Ouvre mon cœur.

 


Par Fraternité Saint Vincent de Paul de Colombes
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Lundi 15 décembre 2008

SECRETARIAT D¹ETAT 

Vatican, le 12 Novembre 2008 

Sr. José Ramón DÍAZ- TORREMOCHA 

Président Général 

Société de Saint- Vincent de Paúl 

PARIS 

  

Monsieur le Président Général,

 

A l¹occasion du CLXXV Anniversaire de la fondation de la Société de saint Vincent de Paul, le Saint Père souhaite se joindre spirituellement à l¹action de grâces célébrée en l¹honneur de cette heureuse commémoration, tout en vous invitant vivement à renouveler votre désir de servir l¹Eglise à travers l¹amour désintéressé envers nos frères les plus démunis.

 

Depuis sa naissance à Paris en 1833, la Société de saint Vincent de Paul et ses Conférences locales se sont prodigieusement étendues à travers le monde, en donnant toujours une réponse empressée aux besoins concrets de la pauvreté et de la précarité, non pas « en paroles et avec la langue, mais en actions et avec la vérité » (1 Jn 3,18). L¹élan pressant de la charité chrétienne, qui déjà se trouvait là lors de la naissance de cette Société et qui perdure comme étant sa véritable raison d¹être, doit continuer à être le fidèle reflet de l¹amour que Dieu porte envers tous et chacun de ses enfants ainsi qu¹une voie sûre pour sans cesse ressentir sa présence miséricordieuse, puisque « quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu » (1 Jn 4,7). 

 

Conscients d¹être des instruments vivants du Seigneur, porteurs de l¹Evangile de la charité, les membres des Conférences se doivent de chercher toute opportunité susceptible de les aider à renouveler ces motivations profondes de la foi, qui sont celles-là mêmes qui poussent le chrétien à une charité parfaite et à continuer à prendre Jésus-Christ comme modèle du Bon Samaritain, de sorte que jamais ne cesse d¹exister la charité vécue de manière si éloquente par les premiers membres de cette Société qui a été présente à tout moment dans votre tradition digne d¹honneur.

 

Dans notre monde d¹aujourd¹hui, les personnes souffrant de tout type d¹indigence, que ce soit dans ses nouvelles manifestations ou dans ses formes traditionnelles, continuent à espérer et à faire appel au réconfort apporté par la charité. L¹amour total et désintéressé envers le prochain, grâce à la sensibilité qui jaillit d¹une vie spirituelle profonde, fera grandir la créativité et le courage nécessaires pour soigner les blessures de ceux qui souffrent le plus. La charité, en conséquence, ne peut pas uniquement se limiter à l¹aide matérielle mais va bien au-delà, offrant un appui et un réconfort dans les difficultés spirituelles des hommes.  


Suivant le sillage du fondateur, le Bienheureux Frédéric Ozanam, cette 
éphéméride donnera un nouveau souffle pour que la foi ne se trouve jamais séparée de l¹action ni du travail d¹assistance de l¹apostolat courageux et explicite, puisque « l¹amour, dans sa pureté et dans sa gratuité, est le meilleur témoignage du Dieu auquel nous croyons et qui nous pousse à aimer. Le chrétien sait quand le temps est venu de parler de Dieu et quand il est juste de Le taire et de ne laisser parler que l¹Amour » (Deus caritas est, 31 c).

 

C¹est avec ces sentiments que le Saint Père, invoquant l¹intercession de saint Vincent de Paul et du Bienheureux Frédéric Ozanam, envoie cette Bénédiction Apostolique particulière à tous les membres des diverses Conférences locales de la Société de saint Vincent de Paul, disséminées de par le monde. 

 

Je tiens à profiter de cette opportunité pour vous transmettre le témoignage de ma considération et de mon respect dans le Christ.

 

Cardinal Tarcisio Bertone 

Secrétaire d¹Etat de Sa Sainteté 

Par Fraternité Saint Vincent de Paul de Colombes
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Mercredi 30 janvier 2008

L’Article 1.2 de la Règle de la Société de Saint Vincent de Paul finit par ces mots : le vincentien sert dans l’espérance(1)

En entrant à Saint Vincent de Paul il y a quelques années, j’ai tout de suite senti, palpé, découvert à quel point l’espérance dont nous sommes porteurs de par notre foi peut être partagée…
Au delà du colis porté, au delà de l’écoute, ou à travers elle, l’amour que nous portons, la joie qui nous habite laisse passer ce sentiment fort que nous sommes, d’une certaine manière, « habités » …
Le présent, même un présent pénible, peut être vécu et accepté s'il conduit vers un terme et si nous pouvons être sûrs de ce terme, si ce terme est si grand qu'il peut justifier les efforts du chemin… (Spe Salvi, 1)(2)
 
… Et comment ne pas être « habités » lorsque, en nous rendant chez nos frères, nous prions l’Esprit Saint pour qu’il nous guide durant nos visites et pour qu’Il fasse de nous des artisans de la paix et de la joie du Christ ? (Règle, article 1.7)(1)
 
C’est entendu, nous ne sommes pas tous arrivés de la même manière à Saint Vincent de Paul… Nos diversités de parcours, d’histoires, de foi sont immenses. Mais notre richesse, notre ciment, notre force, c’est cette foi que nous avons que le Christ est avec nous lorsque nous rendons visite à un pauvre, lorsque nous recevons quelqu’un en permanence, lorsque nous attribuons une aide.
C’est avec le Christ que nous sommes alors porteurs d’espérance.
 
Cette espérance se traduit par le désir non pas d’assister, mais d’aider, non pas de porter, mais de supporter…
Sans cesse notre action doit s’enraciner dans la contemplation de Jésus dans sa vie publique, 
Qui rappelle qu’il est venu pour servir et non pour être servi (Mc 10,45) (3);
Qui remet debout en prenant par la main (Mc 1,31) (4);
Qui avec ses disciples se rend à la noce, mais garde un œil attentif à ce qui se passe autour de lui (Jn 2)(5);
Qui, conscient de toutes les difficultés, les misères, les pauvretés que nous pouvons rencontrer, nous invite à venir à Lui, pour trouver le repos (Mt 11,28)(6);.
 
Oui nous sommes porteurs d’espérance,  ce n'est pas que nous sachions dans les détails ce qui nous attend, mais nous savons de manière générale que la vie ne finit pas dans le néant… C'est seulement lorsque l'avenir est assuré en tant que réalité positive que le présent devient aussi vivable. Ainsi, nous pouvons maintenant dire: le christianisme n'était pas seulement une « bonne nouvelle » – la communication d'un contenu jusqu'à présent ignoré. L'Évangile n'est pas uniquement une communication d'éléments que l'on peut connaître, mais une communication qui produit des faits et qui change la vie. La porte obscure du temps, de l'avenir, a été ouverte toute grande. Celui qui a l'espérance vit différemment; une vie nouvelle lui a déjà été donnée. Spe Salvi 2(2)
 
Cette espérance qui nous anime est une force et une richesse formidables !
Et cette espérance, ou pourrai-je dire cette certitude que demain sera meilleur est forcément contagieuse…
Lorsque forte de cette certitude je peux dire à une personne que j’accompagne « aujourd’hui est difficile, mais avançons petit à petit, on va y arriver », il y croit forcément… parce que j’y crois !
 
Le premier lieu de croissance de l’espérance est la prière. Si personne ne l’écoute plus, Dieu l’écoute encore, et Dieu m’écoute lui parler, lui crier les détresses rencontrées dans nos visites. Si je lasse en évoquant telle famille, si j’ai épuisé les possibilités humaines, je peux toujours parler à Dieu, Il peut m’aider… (Spe Salvi 32)(2)
 
Oui, soyons porteurs d’espérance…


(1) La Règle  peut être téléchargée sur : 
http://www.ssvp.fr/documents-a-telecharger/textes-importants/regle-internationale-ssvp.pdf/view
(2) Spe Salvi, la dernière encyclique de Benoît XVI peut être consultée sur http://www.cef.fr/catho/espacepresse/communiques/2007/20071130encycliqueSpeSalvi.pdf
(3) http://www.biblia-cerf.com/BJ/mc10.html
(4) http://www.biblia-cerf.com/BJ/mc1.html
(5) http://www.biblia-cerf.com/BJ/jn2.html
(6) http://www.biblia-cerf.com/BJ/mt11.html
Par Fraternité Saint Vincent de Paul de Colombes
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