L’Article 1.2 de la Règle de la Société de Saint Vincent de Paul finit par ces mots : le vincentien sert dans
l’espérance…(1)
En entrant à Saint Vincent de Paul il y a quelques années, j’ai tout de suite senti, palpé, découvert à quel point l’espérance dont
nous sommes porteurs de par notre foi peut être partagée…
Au delà du colis porté, au delà de l’écoute, ou à travers elle, l’amour que nous portons, la joie qui nous habite laisse passer ce sentiment
fort que nous sommes, d’une certaine manière, « habités » …
Le présent, même un présent pénible, peut être vécu et accepté s'il conduit vers un terme et si nous pouvons être sûrs de ce terme, si ce
terme est si grand qu'il peut justifier les efforts du chemin… (Spe Salvi, 1)(2)
… Et comment ne pas être « habités » lorsque, en nous rendant chez nos frères, nous prions l’Esprit Saint pour qu’il nous
guide durant nos visites et pour qu’Il fasse de nous des artisans de la paix et de la joie du Christ ? (Règle, article 1.7)(1)
C’est entendu, nous ne sommes pas tous arrivés de la même manière à Saint Vincent de Paul… Nos diversités de parcours, d’histoires, de foi
sont immenses. Mais notre richesse, notre ciment, notre force, c’est cette foi que nous avons que le Christ est avec nous lorsque nous rendons visite à un pauvre, lorsque nous recevons quelqu’un
en permanence, lorsque nous attribuons une aide.
C’est avec le Christ que nous sommes alors porteurs d’espérance.
Cette espérance se traduit par le désir non pas d’assister, mais d’aider, non pas de porter, mais de supporter…
Sans cesse notre action doit s’enraciner dans la contemplation de Jésus dans sa vie publique,
Qui rappelle qu’il est venu pour servir et non pour être servi (Mc 10,45) (3);
Qui remet debout en prenant par la main (Mc 1,31) (4);
Qui avec ses disciples se rend à la noce, mais garde un œil attentif à ce qui se passe autour de lui (Jn 2)(5);
Qui, conscient de toutes les difficultés, les misères, les pauvretés que nous pouvons rencontrer, nous invite à venir à Lui, pour trouver le
repos (Mt 11,28)(6);.
Oui nous sommes porteurs d’espérance, ce n'est pas que nous sachions dans les détails ce qui nous attend, mais
nous savons de manière générale que la vie ne finit pas dans le néant… C'est seulement lorsque l'avenir est assuré en tant que réalité positive que le présent devient aussi vivable.
Ainsi, nous pouvons maintenant dire: le christianisme n'était pas seulement une « bonne nouvelle » – la communication d'un contenu jusqu'à présent ignoré. L'Évangile n'est pas uniquement une
communication d'éléments que l'on peut connaître, mais une communication qui produit des faits et qui change la vie. La porte obscure du temps, de l'avenir, a été ouverte toute grande.
Celui qui a l'espérance vit différemment; une vie nouvelle lui a déjà été donnée. Spe Salvi 2(2)
Cette espérance qui nous anime est une force et une richesse formidables !
Et cette espérance, ou pourrai-je dire cette certitude que demain sera meilleur est forcément contagieuse…
Lorsque forte de cette certitude je peux dire à une personne que j’accompagne « aujourd’hui est difficile, mais avançons petit à petit,
on va y arriver », il y croit forcément… parce que j’y crois !
Le premier lieu de croissance de l’espérance est la prière. Si personne ne l’écoute plus, Dieu l’écoute encore, et Dieu m’écoute lui parler,
lui crier les détresses rencontrées dans nos visites. Si je lasse en évoquant telle famille, si j’ai épuisé les possibilités humaines, je peux toujours parler à Dieu, Il peut m’aider… (Spe Salvi
32)(2)
(3)
http://www.biblia-cerf.com/BJ/mc10.html
(4)
http://www.biblia-cerf.com/BJ/mc1.html
(5) http://www.biblia-cerf.com/BJ/jn2.html
(6)
http://www.biblia-cerf.com/BJ/mt11.html